Publié le lundi 5 mai 2008
Lundi 5 mai 2008
Publié
le 2008-05-05 09:48:26
par marcopolo
Moucharabiah (Poésie arabe)
Moucharabiah.

extraits de poésie arabe.
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Parmi tous les vêtements, que Dieu confonde le voile!
tant que nous vivrons, ce sera un fléau pour les jeunes.
Il nous cache les belles, sans que nous puissions les voir,
camoufle les vilaines pour nous induire en erreur.
Adieu
O Mayya! Tes lèvres par un orfèvre ciselées,
après le sommeil, et ton corps, tendre rameau brisé!
Je revois les deux prunelles, un cou gracile et blanc;
je revois les flancs alanguis ou affleure le sang,
uniques, tirant la poursuite, au mépris des gazelles...
nous tuant sans pitié, sous le blâme et la réprimande.
Elle a vu ma pâleur, elle a vu mes rides multiples,
après les injures du temps et du siècle superbe,
dépouillant tout mon corps de sa frondaison de jeunesse;
feuilles mortes, quand on agite un rameau nu, qui tombent...
ou plutôt j'ai rompu l'étreinte, acceptant le refus,
et la soeur des Banou-Labîd en a été surprise.
DHOU'L-ROUMMAH (117-735)
Sur le sable, l'empreinte de nos corps
Arrêtons-nous et pleurons au souvenir de l'aimée.
Maison près du banc de sable entre Dakhoul et Harmal,
Toudiha et Migrat, les vents du Nord et du Midi
leur étoffe ont tissé mais n'ont point effacé sa trace.
Mes compagnons près de moi ont arrêté leurs montures,
disant: "Maîtrise-toi et fuis cette affliction mortelle."
Ma guérison, amis, c'est de laisser couler mes larmes;
mais doit-on s'affliger d'une trace effacée?
N'as-tu pas courtisé Oumm-oul-Houwayreth avant elle,
et puis encore la belle Oumm-oul-Rabab à Ma'sal?
Quand elles se levaient, des effluves de musc partout
se répandaient, parfum d'oeillet porté par le zéphyr.
En les quittant, d'abondantes larmes avaient coulé
jusqu'à ma gorge et mon ceinturon en était mouillé.
Oui, plus d'un jour parfait d'elles tu as pu obtenir,
et surtout, parmi ces jours, celui de Darah-Djouldjoul.
Et cet autre ou j'ai tué mon cheval pour les pucelles,
quelle surprise de les voir toutes décamper sous leur charge!
L'une à l'autre, les morceaux elles s'étaient arraché,
la viande, puis la graisse aux bords frangés comme la soie.
Je suis entré un jour dans le palanquin d'Onayza...
"Malheur! Tu vas me forcer d'aller à pied, me dit-elle."
et entre-temps le palanquin ployait avec nous deux...
et puis: "Descends, Imrou'l-Quays, tu fatigues ma bête."
Et moi de lui répondre: "Va, laisse filer sa longe;
ne m'éloigne pas, de grâce, de ton fruit qui distrait...
J'ai visité des femmes comme toi, et même enceintes,
qui ont laissé leur nourrisson, entouré d'amulettes...
S'il pleurait, de moitié se tournaient vers lui, et mon soc
les pourfendait tranquillement, sans être détourné."
L'une un jour se refusa sur la colline de sable,
s'obligea de rompre, par un serment indissoluble.
Doucement! ô Fatima, après ta coquetterie.
modère-toi, même si la rupture est décidée.
Cela t'a-t-il séduite de voir ton amour me tuer,
de constater que mon coeur t'obéit sans murmurer?
Si quelque créature t'a poussée à ma haïr,
sépare nos habits: tu verras qu'unique en est la trame.
Tes beaux yeux n'ont pleuré qu'afin de mieux lancer les traits
qui ont blessé à mort un coeur déchiré de douleur.
Au coeur même d'une alcôve imperméable au désir,
avec ma belle à loisir j'ai savouré mon bonheur.
J'avais passé à travers une troupe de gardiens
qui me guettaient, me préparant une mort infamante;
lorsque dans le ciel la Pléiade s'était déployée,
comme un assortiment de perles sur une ceinture,
je suis entré, alors qu'elle avait pour dormir ôté
près du rideau ses habits, sauf la tunique légère.
"Non! Par Dieu! Ta ruse n'a pas de cours ici, dit-elle,
je vois que tes séductions sont loin de disparaître."
Je l'emmène aussitôt, lui ouvrant le chemin, mais elle,
traînant un manteau d'homme à terre, effaçait nos deux traces.
Lorsque nous eûmes traversé la place du village
et atteint le fond d'un vallon encerclé par les dunes,
de mes mains sur ses tempes je l'incline, elle se ploie
sur moi, taille mince et jambe prospère, ornée d'anneaux.
Svelte et blanche, elle n'offrait aucune ample solitude;
sa poitrine était lisse et polie ainsi qu'un miroir.
Reflets de refus ou désirs sur un visage lisse,
oeil complaisant d'un fauve de Wadjrah sur son petit,
un cou aussi beau que celui de la gazelle blanche,
délicat, lorsqu'il se dresse, et sans aucun ornement;
la chevelure abondante et très noire, ornant le dos.
riche ainsi qu'un rameau de palmier chargé de fruits;
et ses boucles rebelles se relèvent indomptées,
noyant les rubans dans un flot d'ondes enchevêtrées;
des flancs délicats, souples comme une corde tressée;
la jambe, un cep soutenu dans une terre irriguée,
et des miettes de musc dessus sa couche éparpillées,
elle dort, le soleil haut, en tenue négligée.
Elle prend, elle reçoit avec de tendres mains souples,
vrilles des vignes de Zabyi ou cure-dents d'Ishil;
à l'entrée de la nuit, elle dissipe les ténèbres,
tel un feu, la nuit, d'un moine voué au célibat.
L'homme doux s'éprend avec ardeur de femmes comme elle,
ayant ainsi grandi entre cuirasse et bouclier.
Pucelle dont l'or jaune fait ressortir la blancheur,
qu'a fait fructifier une eau abondante et salutaire...
les insensés parmi les hommes se sont consolés
de leur amour, mais le mien, mon coeur ne peut l'oublier.
IMROU'L-QUAYS (environ 540)
De ses longs cheveux se voilant...
Le voile a glissé sans qu'elle voulût
le voir tomber.
D'une main le saisit et de l'autre,
nous fit signe
d'avoir à craindre Dieu, en réprimant
notre curiosité avide.
Une main aux doigts teints,
souple, aux extrémités déliées
comme fruits de l'anam,
qui semblent ne pouvoir
se nouer, tant est grande
leur délicatesse.
Puis, de ses longs cheveux noirs,
à demi bouclés, se couvrant,
elle se ploya comme la vigne s'appuie
sur l'étançon qui la soutient.
Puis elle te regarda comme
pour te rappeler que, malgré sa prière,
tu aurais pu obtenir ce que
tu n'as pas essayé de prendre...
lourd regard d'attente qu'un malade
adresse à ceux qui viennent lui rendre visite.
AL-NABIGHA AL-DHOUBYANI (environ 535-604)
Partage
J'éprouve une honte aux regards des humains quand je vois
les amants se succéder, et pense à mon successeur,
Quand, après un amour total, je m'abreuve à ta bouche,
et j'accepte de toi une étreinte atténuée,
Je vois toujours des fétus de paille dans une eau trouble,
et quand s'y abreuvent beaucoup de gens, elle est fangeuse.
Palanquin
Je n'ai cessé de suivre les traces de la tribu,
jusqu'à ce que j'aboutisse devant le palanquin.
De son gîte alors je m'approchai à la dérobée
pour me glisser enfin par le chemin secret vers elle.
Entre la peau douce de ses mains teintes de henné,
elle tint ma tête pour en connaître le toucher.
"Par mon frère vivant et par la bonté de mon père,
dit-elle, j'alerte mes gens, si tu ne sors d'ici."
Par crainte des cris j'allais sortir quand elle sourit;
je vis alors que son serment ne serait pas tenu.
J'embrassai sa bouche, tenant ses boucles dans mes mains,
ivre, savourant l'eau fraîche dans le creux d'un rocher.
Une seule nuit avec toi...
Encore enfant,
je me suis lié
par le désir d'elle,
et ce désir avec moi
n'a cessé de croître en âge
jusqu'à ce jour,
et d'augmenter en force
et en intensité.
J'ai donc dilapidé
ma vie,
en attendant qu'elle veuille bien
m'accorder ses dons;
et, en elle,
mes jours nouveaux,
je les ai transformés
en guenilles fatiguées.
Puissé-je enfin
passer une seule nuit
avec toi
à Wadi'l-Qoura!
Alors je m'estimerai
heureux.
Car auprès d'elle
et de ses compagnes,
les propos les plus bénins
me seraient
un sourire,
et tout assassiné
deviendrait
un martyr.
DJAMIL (environ 700)
Marco Polo ou le voyage imaginaire (poésie arabe de René R.Khawam) février 2005, Jean-Pierre Lapointe (poésie accompagnée de manuscrits arabes, musique from Midi World Archives)
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| Moucharabiah
Lundi 5 mai 2008
Publié
le 2008-05-05 09:44:21
par marcopolo
L'art d'aimer d'Ovide
L'Art d'aimer d'Ovide. Livre Premier
Comment jeunes gens, chasser la femelle.
Préambule
L'Art doit gouverner l'Amour
S'il quelqu'un, quelque part, ne connaît rien de l'Amour,
qu'il lise ce poème, et qu'il soit instruit ainsi de l'Art d'Aimer.
Ce n'est pas l'inspiration des divinités
qui me dicte ce poème, mais bien l'expérience.
Écoute alors ce poète instruit par la pratique;
je ne te chanterai que la vérité qui est la mère de l'Amour.
Voici le plan de ce poème:
Soldat qui affrontes, pour la première fois, des combats où tu es novice,
préoccupe-toi en premier lieu, de trouver l'objet de ton amour,
consacre-toi ensuite, à séduire la jeune fille qui t'a plu,
et enfin, exerce-toi à faire durer cet amour.
C'est le chemin que tu dois suivres si tu es avide d'aimer.
Voici les endroits où je te conseille de chasser:
Toi qui recherches un objet qui fixe ton amour pour longtemps,
apprends d'abord où se trouvent en grand nombre les jeunes filles.
Pour trouver, tu n'auras pas à parcourir une longue route.
Tant et de si belles filles se rencontrent dans ta ville, que l'on peut dire:
"Notre ville possède tous les genres de beauté qu'a pu produire l'univers."
Si tu es séduit par le charme de plus jeunes qui ne sont pas encore femmes,
s'offrira à tes yeux une jeune fille encore vierge.
Si tu préfères une beauté déjà épanouie?
Te plairont alors, mille d'entre-elles, dont la beauté est éblouissante,
que, malgré toi, tu ne sauras où fixer ton choix.
Mais si, par hasard, tu aimes celle d'âge mûr et plus experte dans l'art de l'amour,
la meute sera alors plus abondante.
Les promenades et édifices publics sont des endroits favorables:
Tu n'as qu'à faire lentement les cent pas sur les voies publiques dans les marchés publics
et les lieux de commerce ou dans l'ombre des grands jardins aménagés.
N'oublie surtout pas les foires, et les fêtes de toutes sortes.
Ne fuis pas non plus les lieux sanctifiés non plus que les lieux qui ne le sont pas
car on y rencontre toutes sortes de femmes, des saintes et d'autres qui ne le sont plus.

Les arênes sont également bien:
Les arênes, qui pourrait le croire, conviennent à l'Amour, et,
tout bruyants qu'ils soient, souvent une flamme y est née.
En ces lieux, souvent, un beau parleur ne peut trouver les mots pour séduire;
de nouveaux intérêts l'occupent et c'est pour lui-même qu'il plaidera.
Le théâtre, l'endroit chéri par les mélomanes:
C'est surtout au théâtre avec ses gradins en demi-cercle que la chasse sera la meilleure:
ces lieux t'offriront plus que tu ne peux espérer.
Tu trouveras là, de quoi aimer, de quoi lidibiner, de quoi conquérir au passage,
de quoi nouer une liaison durable.
Les femmes dans leurs plus beaux atours, se pressent aux spectacles où va la foule;
j'ai souvent hésité de faire un choix devant leur trop grand nombre.
Elles y viennent pour voir; mais aussi pour être vues;
l'endroit est des plus périlleux pour leur chaste pudeur.
Tu regardes derrière toi, tu repères de l'oeil la femme que tu désires,
alors s'agitent dans ton coeur, mille pensées licensieuses.
Crois-en mon expérience, le théâtre est rempli de pièges pour les belles
si tu sais t'y prendre et en faire bon usage.
Fréquente également le stade où de rares femelles feignent d'aimer la joute:
Ne néglige pas non plus les champs de courses où rivalisent des chevaux fringants.
Le public qui les fréquente, offre de multiples occasions.
Tu n'auras pas besoin du langage des doigts pour exprimer tes secrets,
et les signes de tête ne sont pas nécessaires pour que tu aies une marque d'assentiment.
Assieds-toi contre celle qui te plaît, tout près, nul ne t'en empêche;
approche ton corps le plus possible du sien; la disposition des lieux
et la dimension des sièges force les gens à se serrer, et la belle à se laisser toucher.
Engage une conversation qui te servira de trait d'union,
et que tes premières paroles portent sur des banalités.
Si une poussière s'accroche à la poitrine de ta belle, que tes doigts l'enlèvent aussitôt
mais n'hésite pas à le faire s'il n'y en a pas.
Tout doit servir de prétexte à ta galanterie.
Si son manteau est trop long, soulève-le avec empressement pour qu'il ne traine point dans la boue.
En récompense pour ce zèle officieux, sans que ta belle puisse s'en fâcher,
tes yeux verront des jambes qui en valent la peine.
La zone historique de la ville est un endroit prisé:
Et lorsque débarquent, des wagons luxueux, des troupeaux d'étrangères.
Dans cette foule égarée, tu n'auras pas été le seul à trouver l'objet passager à aimer.
La langue n'a pas pour seule fonction celle de parler,
applique-toi plutot à baiser celle qu'elle t'offrira.
Combien, hélas, sentirent ainsi pour une pure étrangère les tourments de l'amour!
Assure-toi de toujours triompher:
N'hésite pas à raconter tes expériences, tes voyages
et les aventures amoureuses qui sont le sujet de ta prose.
Jeunes gens et jeunes filles assisteront pleins de joie et pêle-mêle, à ton triomphe;
tous, le coeur dilaté par ce jour où tu triompheras;
si l'une d'elles demande le nom des héros, ou bien quels sont ces lieux, ces montagnes,
ces rivières dont tu décrits la beauté, tu dois répondre sans attendre les questions;
même quand tu ne sais pas, parle comme si tu connaissais la chose à fond.
Tu trouveras toujours des noms à mettre sur les lieux, les visages,
exacts si tu peux, du moins qu'ils soient vraisemblables.
Comment tu dois te comporter à table:
Tant d'occasions se présentent à table, durant les repas,
et le bon vin n'est pas la seule chose qu'on puisse y goûter.
Le vin est la boisson qui rend les coeurs aptes aux échanges amoureux;
les soucis s'envolent et se noient dans de multiples libations.
C'est alors que le rire naît; que le pauvre devient hardi; que la douleur disparaît,
et nos soucis et le stress qui rides notre front.
Les âmes s'ouvrent alors en une franchise trop rare à notre époque;
c'est que Bacchus chasse les artifices en nous.
Là souvent le coeur des jeunes hommes a été captivé par des belles;
Mais n'accorde pas trop de foi à la trompeuse clarté de la lampe,
pour juger de la beauté, la nuit et le vin sont de mauvais conseil.
C'est de jour et en plein air qu'il te faudra choisir.
La nuit dissimule les taches et est indulgente à toutes les imperfections;
à ces heures-là, toute femme te semblera belle.
Laisse-toi conseiller par la clarté du jour pour juger des traits du visage
et des lignes du corps de la belle que tu choisiras pour tes ébats nocturnes.
Et comment agir en dehors de la grande cité:
En dehors de la grande cité, dans les grandes banlieues et la campagne
on ne peut compter les lieux propres à la chasse aux belles.
En quittant ces endroits propices aux congrégations de femmes plus d'un,
le coeur percé d'une blessure s'est écrié:
"Non, je ne crois point ceux qui disent que ces lieux sont sans danger pour la faune."
Marco Polo ou le voyage imaginaire (interprétation d'un texte ancien) ©2003 Jean-Pierre Lapointe Musique Bruce DeBoer, empruntée aux archives du Web.
Livre Premier: deuxième chapitre
RETOUR À MARCO POLO OU LE VOYAGE IMAGINAIRE
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| L'Art d'aimer
Lundi 5 mai 2008
Publié
le 2008-05-05 09:34:17
par marcopolo
Le Jardin Parfumé (introduction)
Des remarques générales au sujet de la Copulation
Plaise à Dieu, qui a placé le plus grand plaisir de l'homme
dans les parties secrètes de la femme, et a destiné les parties secrètes
de l'homme à procurer le plus grand plaisir à la femme.
Il a doté les parties de la femme d'une sensation agréable et satisfaisante
que jusqu'à ce qu'elle ait été pénétrée par l'instrument de l'homme;
c'est ainsi que les organes sexuels de l'homme ne connaissent ni le repos ni
la quiétude jusqu'à ce qu'ils soient entrés dans ceux de la femelle.
C'est ainsi que s'effectue l'opération mutuelle.
Cela se produit entre ces deux acteurs qui luttent, et qui s'imbriquent,
en une sorte de combat animé. En raison du contact des parties inférieures des deux
abdomens, le plaisir vient bientôt par surgir. L'homme se met au travail comme
s'il pilonnait ardemment, alors que la femme le seconde par des mouvements lascifs;
vient finalement l'éjaculation.
Le baiser sur la bouche, sur les deux joues, sur le cou, aussi bien que la succion
de la chair des lèvres, sont des cadeaux de Dieu, destinés à provoquer
l'érection au moment favorable. Dieu est également Celui qui a embellis
la poitrine de la femme avec des seins, l'a pourvue d'un double menton, et a donné
des couleurs brillantes à ses joues. Il l'a également dotée d'yeux
qui inspirent l'amour, avec des cils comme des lamelles polies.
Il l'a pourvue d'un ventre arrondi et d'un beau nombril ainsi que
d'une croupe majestueuse; et toutes ces merveilles sont soutenues par les cuisses.
C'est entre ces dernières que Dieu a placé l'arme du combat; quand celle-ci
est suffisamment équipée de chair, elle ressemble à la tête d'un lion.
Cela s'appelle la vulve. Ah! combien d'hommes sont morts à cette porte?
Et combien de héros reposent sur elles!
Dieu a pourvu cet objet d'une bouche, d'une langue, de deux lèvres rouges
avec des plissements; cela ressemble à la trace du sabot de la gazelle
dans les sables du désert.
Le tout est soutenu par deux colonnes merveilleuses, témoignant de la force et
de la sagesse de Dieu; elles ne sont pas trop longues ni trop courtes;
et elles sont gratifiées de genoux flexibles, de mollets, de chevilles et de talons,
sur lesquels reposent des bracelets précieux qui produisent des cliquetis tout le
temps de la copulation.
Puis le Tout-Puissant a plongé la femme dans une mer de splendeurs, de volupté,
et de délices, et il l'a couverte de vêtements précieux,
avec des ceintures brillantes et des sourires provocants.
Ainsi, félicitons et exaltons Celui qui a créé la femme et toutes ses beautés,
avec ses chairs appétissantes; qui lui a donné des cheveux, un joli visage,
une poitrine avec des seins qui se gonflent, et des manières amoureuses,
qui font naître les désirs.
Le Maître de l'univers a consacré sur elle l'empire de la séduction;
tous les hommes, faibles ou forts, deviennent tous faibles
pour l'amour de la femme. Par la femme, nous avons le choix entre
la sociabilité ou la dispersion, le séjour ou l'émigration.
L'état d'humilité dans lequel sont les coeurs de ceux qui aiment et sont séparés
de l'objet de leur amour, fait leurs coeurs brûler avec le feu de l'amour;
ils sont opprimés d'un sentiment de servitude, de mépris et de misère;
ils souffrent sous les vicissitudes de leur passion: et tout ceci par suite de leur
désir brûlant pour le contact charnel.
Moi, le serviteur de Dieu, et je Lui en suis reconnaissant, que personne ne puisse
pas un jour tomber amoureux des belles femmes, que personne ne puisse
échapper au désir de les posséder, que ce soit par le changement,
le vol, ou la séparation.
Je témoigne qu'il n'y a qu'un seul Dieu, et que Celui-ci n'a aucun associé.
J'adhérerai à ce témoignage précieux jusqu'au jour du dernier jugement.
Je témoigne également à notre Seigneur et Maître, Mohammed, le serviteur
et l'ambassadeur de Dieu, le plus grand des prophètes (que la bénédiction
et la pitié de Dieu soient avec lui et avec sa famille et ses disciples!).
Je garde des prières et des bénédictions pour le jour du châtiment, ce moment terrible.
Marco Polo ou le voyage imaginaire (interprétation d'un texte ancien) ©2003 Jean-Pierre Lapointe Musique empruntée aux archives du Web.
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